Ce qu'il se passe en ce moment...


Nous serons en répétitions au Colisée de Biarritz toute la semaine avec  le spectacle Ronde-bi ahizpa que nous présenterons les jours suivants :



Jeudi 4 décembre à 10h et 14h (séances scolaires, bilingue)
Vendredi 5 décembre 10h et 14h (séances scolaires, basque)
Samedi 6 décembre 17h (tout public, bilingue)


Pour regarder le teaser c'est ici 

Autres événements actuels de la compagnie

Création 2015
Un hommage émouvant à nos ancètres, nos parents...
Zuek est un entresort, un cinéma concert sur des films super 8 des années 70.
Zuek a reçu une bourse de création de la Capitale Européenne de la Culture de San Sebastian 2016.

Page de ZUEK

Arrastoak
Ander Fernandez, compose la bande son de la dernière création de la compagnie basque Dejabu Panpin Laborategia. Pièce de théâtre et marionnette.

Plus d'infos sur le site de la compagnie Dejabu.

Bruxelles : Lieux de fabrique et scènes

Septembre 2014
Portée par in 8 circle • maison de production, la co-op depuis janvier 2013, réunit 7 artistes, concepteurs, créateurs et directeurs de très petites compagnies, dont nous faisons partie.
Au sein de la co-op, nous cherchons notamment à répondre à une question centrale : dans un contexte culturel français en mutation, comment continuons nous à créer, qu'est ce que nous devons ré-inventer ?
Bruxelles, capitale de toutes les expérimentations, nous a accueilli 3 jours, nous visitons 5 lieux de fabriques aux visions connexes, des équipes, des artistes nous racontent, admirateurs nous comprenons les projets de chacun.
Simplicité des échanges...
offrir les plateaux aux artistes,
leur donner le temps de la recherche nécessaire, parfois très long (et pour le théâtre de L'L avec l'exigence de ne pas produire d’œuvre,)
écouter les envies, les doutes, 
composer ensemble...

Et si ces rencontres avec la co-op permettaient de redonner une légitimité à être artiste, Christelle dit : "moi [avec la co-op] je me sens fière d'être artiste".
Merci chers bruxellois de nous apprendre l'humilité et le respect.
Et autour de la table, des acteurs/poètes, résistants. 

Eté

"[...] Mesdames et messieurs, nous ne luttons pas contre, nous luttons pour !
Au risque de nous fragiliser, au risque de la fragilité.
Mais que vient faire un spectateur quand il vient assister à un spectacle du festival de Montpellier Danse, du Printemps des Comédiens, du festival d’Avignon, In ou Off, ou au spectacle qui jouera sur la place centrale de son village, que vient-il faire sinon chercher la vibration de sa fragilité, fragilité de son émotion, fragilité de sa pensée, fragilité de son humanité ?
Nous sommes fragiles et nous le revendiquons, et c’est pourquoi nous revendiquons un système social qui prenne en compte cette fragilité dans ce quelle est preuve de notre humanité, un système social qui nous réunisse tous pour une fragilité digne et non point une fragilité subie et dévastatrice.
Si nous tombons aujourd’hui, nous nous relèverons demain. [...]"

Extrait du très beau texte de Lise Boucon, Comédienne, lu le 24 juin au festival Monptellier Danse pour dire notre lutte et nos espoirs. Tout le texte ici



                                        © L. Zillmer

Printemps

Un printemps de lutte pour la culture et plus largement pour l'incompréhension des sens du développement de nos sociétés. 
Et dans cette tourmente, les idées fusent, les résistances s'organisent.
Et nous, dans l'impossibilité de ne faire autre chose qu'écouter nos corps et nos esprits se mettre en ordre pour poétiser nos vies, les vôtres, nous avançons dans ce printemps poings serrés.

Nous sortons de 15 jours de résidence pour boucler la boucle, achever le cercle de notre ronde. Après une année de vent difficile, la tendance est à la rondeur. Ça coule, ça tourne... On est heureux...

Nous vous invitons donc à découvrir notre ronde pendant l'été ou avant ou après.

Corine

La fin d'une création

28 avril 2014

Ce matin, nous réclamons à nos corps meurtris par les suspensions et les chutes de ces dernières semaines, nous réclamons à nos corps de se rassembler encore quelques heures pour offrir au public effrayant de professionnels réunis pour l'occasion, nos danses, jeux et mots de ronde-bi ahizpa*. Quelle joie de voir le spectacle s'affiner enfin sous les regards précieux de Fanny et Oier. Nous acceptons toutes les "félicitations", les "zorionak" et les "me ha encantado" avec des regards épars, épuisés...
Eskerrik asko !


* le spectacle ronde en version basque

RONDE... Retours en image et en mots



 les mots d'un spectateur rencontré au fil des années de festivals...

"Corine,
[...] Les liens, il y en a plein si l’on y regarde de plus près, à côté des évidents, des plus indicibles, de ceux qui me font battre le cœur plus fortement lorsque j’assiste à tes spectacles, qu’avec mon âme je participe. […]

Quelles véridiques sœurs vous faites… Tout y est, de la tendresse à la rivalité, le sujet aurait pu être traité platement – l’indéfectible et inconditionnel lien sororal – mais tu l’as étiré dans ses dimensions les plus complexes où s’entremêlent la connaissance, la confiance, le besoin de l’autre, la détestation épidermique, la pudeur, la force invincible d’être deux.

Le jeu aussi, dans sa cruauté enfantine et sa vivacité, qu’accompagnent merveilleusement les mots que l’on entend, et cette scène, oh cette scène où Maitane convulsionne dans son fauteuil tandis que tu te mets à danser, emportée par une joie pure et indifférente jusqu’à ce que ta vie à toi, menée sans elle, libre de ça, s’oriente à nouveau et délibérément dans le choix de votre relation. Et une gifle ressuscite, pan t’es morte et c'est pour de faux, je voudrais que tu sois vieille et laide et je t’aime tu es ma sœur, ma moitié de cœur. [...]
A mon regard vous avez réussi à construire tout un passé commun sous-jacent, une existence entière de heurts et de proximité, on voit tout cela dans vos échanges.[...]
Je ne te parle même pas de la musique d’Ander, ou alors juste un peu, du temps qu’elle installe, des vibrations qu’elle permet à tous les niveaux de l’être…"
FL_ Aurillac 2013

Photo : Léna MARIA

Article de presse dans El Faro Ceuta (traduit de l'Espagnol)


En mémoire du Biutz
 
La compagnie française Rouge Eléa et la maison de production de cinéma basque Zazpi t’erdi, spécialisée en documentaire vidéo, court-métrages et vidéos d’Art, depuis plus d’un an, donnent à voir des deux côtés des Pyrénées, un spectacle qui parle de « transit, de la traversée des personnes et des marchandises ». Son nom, Biutz en référence évidemment au passage des porteuses transfrontalières qui ont leurs heures comptées et restreinte dans le périmètre de la ville autonome de Ceuta.
« L'idée du spectacle surgit », explique David Aguilar, de Zazpi t'erdi, « avec l’intention d'explorer le concept que nous avions de la frontière, les frontières personnelles, physiques et artistiques ».
Cette préoccupation a été ce qui a amené l'équipe à venir connaître la barrière qui sépare Ceuta du Maroc et "son imposante présence. "
« Nous voulions faire l'expérience du voyage, traverser le détroit, sentir l'étrange honte de pouvoir le faire confortablement seulement par le fait d'être en possession de nos papiers. "
Selon David, le groupe d'artistes est arrivé sur ce coin du détroit « avec l'idée de questionner, d'enregistrer des sons, de filmer des images ». Tout ce matériel, « tous ses sons et personnages filmés » apparaissent sur la scène projetés sur de gros sacs qui remplissent l'espace.
« Ils nous ont à chaque fois accompagnée sur scène et ont parlé au public », assure David, « dans différents théâtres ». Ce sont des témoignages à moitié muets de la frontière de Ceuta, « de celle qui nous a impressionnée, évidemment, par sa taille, sa présence et surtout par le contrôle militaire et policier tout autour ».
"Peut-être que le plus impressionnant a été notre résidence à Belyounech, ce petit village coller à Ceuta, qu’on pouvait rejoindre à pied par le bord de mer depuis le centre de Ceuta mais maintenant que le village est séparé par la barrière, on doit contourner les montagnes pour s’y rendre». « Nous avons passé quelques jours là-bas, nous avons rencontré les militaires des postes de contrôle, et nous avons surtout connu un pêcheur au nom de Ahmed, qui tire la beauté des choses", David explique, « il nous a raconté que malgré que la relation avec Ceuta est été coupé par la barrière, au moins les grands projecteurs qui éclairent la barrière la nuit attirent les poissons».
Dans la zone industrielle de Tarajal, à la porte du Biutz, ce qui a le plus marqué le groupe  a été « les lourdes charges que portent les femmes, leur cadence, les allers et venus par la route...". "Elles apparaissent aussi dans le spectacle projetées sur des fardeaux comme en hommage à leur travail », ajoute t'il.

"Langage symbolique"
« Nous avons découvert ce lieu, nous avons vu des femmes ‘passeuses’ chargées des fardeaux et nous les avons accompagné dans leur voyage depuis Ceuta jusque du côté marocain et toute cette expérience a été traduite », termine David en déclaration à notre journal, « dans une œuvre en langage symbolique, suggérant différentes réalités à travers le mélange artistique avec lesquels nous sommes rentrés chargés d'émotion, images et sons dans la tête, puis nous avons décidé de mettre le titre de Biutz et choisit toute la scénographie du spectacle avec des fardeaux similaires à ceux des femmes ».
Le spectacle, proposé à tous les publics, a une durée d'une heure et se déroule sur une scène de 56 m² mélangeant le cirque, la musique et la vidéo. Nous voudrions présenter le spectacle à Ceuta et du côté marocain».

Selon David Aquilar, de la maison de production Zazpi’t’erdi, "présenter le spectacle Biutz à Ceuta, traverser du côté marocain et l’offrir là-bas, est une idée que nous avons depuis le début du projet." "Nous adorerions", assure-t-il, "qu’on nous donne cette occasion mais pour le moment personne n'a été intéressé évidemment nous n'avons pas encore été invité mais pour nous ça serait très spécial et je crois aussi que le public de la barre approuverait beaucoup par le simple fait que ça soit si proche de la réalité quotidienne". Biutz est une réalisation multidisciplinaire alliant le cirque, la vidéo et la musique, dans lequel, trois personnages principaux interagissent avec leurs spécialités respectives. En toile de fond, « une réflexion sur l'absurde de l'isolement et la rébellion parfaite. »